Jean 8:1–11:
Jésus démasque les accusateurs et appelle à abandonner le péché
Jean 8:1–11 (NEG 1979)
Interprétation correcte de Jean 8:1–11
Après les événements survenus dans le temple, Jésus y retourne dès le matin et continue d’enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent alors une femme surprise en adultère et invoquent la loi de Moïse, mais Jean précise que leur intention n’était pas de rechercher un jugement juste : ils voulaient éprouver Jésus afin de pouvoir l’accuser. Jésus répond en démasquant les accusateurs et, après leur départ, s’adresse directement à la femme, qu’il ne condamne pas mais qu’il appelle clairement à abandonner son péché.
(v. 1–2)
«1 Jésus se rendit à la montagne des Oliviers. 2 Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S’étant assis, il les enseignait.»
Dès le matin, Jésus retourne au temple et continue d’enseigner publiquement le peuple.
La scène commence donc au cours de son activité habituelle d’enseignement, avant que les scribes et les pharisiens ne l’interrompent en amenant la femme devant lui.
(v. 3–6)
«3 Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; 4 et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. 5 Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? 6 Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre.»
Les scribes et les pharisiens placent publiquement la femme devant Jésus et invoquent la loi de Moïse.
La loi considérait l’adultère comme une faute grave et tenait pour responsables aussi bien l’homme que la femme impliqués.
Le fait qu’ils ne présentent que la femme montre donc que nous ne sommes pas devant une présentation complète de l’affaire.
Jean lui-même nous donne cependant la clé principale pour comprendre la scène :
« Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. »
Leur intention n’était donc pas simplement de demander comment appliquer justement la loi, mais d’utiliser le cas de cette femme pour mettre Jésus à l’épreuve.
Le texte n’explique pas précisément quelle réponse ils espéraient utiliser contre lui ; il n’est donc pas nécessaire de reconstruire tout le piège. Ce qui est certain, c’est que la question était conçue pour pouvoir l’accuser.
(v. 7–8)
«7 Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. 8 Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.»
Comme ils continuent à l’interroger, Jésus répond :
« Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. »
Cette déclaration ne signifie pas que seule une personne absolument sans aucun péché puisse jamais reconnaître ou juger le péché. Tel ne peut être le sens, puisque la loi elle-même établissait des procédures de jugement.
Jésus retourne plutôt l’accusation contre ceux qui se présentent comme les exécutants de la sentence.
La loi exigeait que les témoins soient les premiers à participer à l’exécution. Jésus oblige ainsi les accusateurs à se placer personnellement devant Dieu et devant l’accusation qu’ils présentent.
Avant de jeter la pierre contre la femme, ils doivent faire face à leur propre condition pécheresse et à la manière dont ils agissent dans cette scène.
Jésus ne déclare pas l’adultère innocent et ne dit pas que la loi est dépourvue d’autorité. Il désarme une accusation utilisée de manière pécheresse contre la femme et contre lui.
Le récit ne dit jamais ce que Jésus écrivait sur la terre. Toute tentative d’identifier ce qu’il écrivait relève donc de la spéculation.
(v. 9)
«Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.»
La réponse de Jésus atteint directement les accusateurs.
Accusés par leur conscience, ils se retirent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers.
Le texte n’identifie pas les péchés précis de chacun et il n’est pas nécessaire de spéculer à leur sujet.
L’essentiel est que personne ne reste pour jeter la première pierre.
Cela ne rend pas la femme innocente ; cela signifie que ceux qui avaient présenté l’accusation quittent les lieux.
(v. 10–11)
«10 Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t’accusaient? Personne ne t’a-t-il condamnée? 11 Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus; va, et ne pèche plus.]»
Après le départ des accusateurs, Jésus reste avec la femme.
Il lui demande d’abord :
« Personne ne t’a-t-il condamnée ? »
Elle répond :
« Non, Seigneur. »
Jésus lui déclare alors :
« Je ne te condamne pas non plus. »
Jésus ne nie pas qu’il y ait eu péché, puisqu’il ajoute immédiatement :
« va, et ne pèche plus. »
Sa miséricorde ne consiste donc pas à déclarer bon ce que la femme a fait ni à redéfinir l’adultère.
En même temps, Jésus n’exécute pas sur elle la condamnation que les accusateurs voulaient lui imposer.
La scène se termine en maintenant ensemble deux réalités : l’absence de condamnation de la part de Jésus et l’appel clair à abandonner le péché.
La femme n’est pas renvoyée à sa vie précédente comme si rien ne s’était passé. Elle reçoit de la miséricorde accompagnée d’un ordre : « va, et ne pèche plus. »
Implications
- La parole de Dieu peut être utilisée de manière pécheresse : les accusateurs invoquaient la loi tout en cherchant à utiliser cette affaire pour accuser Jésus.
- Jésus confronte aussi bien l’accusateur hypocrite que le pécheur : il ne permet pas aux uns d’utiliser injustement la loi et ne déclare pas acceptable le péché de la femme.
- La conscience de l’accusateur se trouve elle aussi devant Dieu : avant de condamner l’autre, les accusateurs ont dû faire face à leur propre condition.
- La miséricorde de Jésus ne redéfinit pas le péché : « Je ne te condamne pas non plus » est accompagné de « va, et ne pèche plus ».
- La miséricorde ouvre la voie à une vie différente : la femme reçoit la possibilité de partir et d’abandonner ce qu’elle avait fait.
Applications
- N’utilise pas la parole de Dieu pour manipuler ou détruire : une vérité biblique peut être employée avec une intention injuste.
- Examine ta propre condition avant de devenir accusateur : reconnaître le péché de l’autre ne te place pas automatiquement dans une position de supériorité.
- Ne confonds pas miséricorde et approbation : Jésus peut faire preuve de miséricorde sans appeler le péché bon.
- Reçois l’appel de Christ à abandonner le péché : sa miséricorde n’invite pas à continuer délibérément dans la même voie.
- Ne spécule pas là où le texte garde le silence : nous ne savons pas ce que Jésus écrivait ni quels péchés précis accusaient la conscience de ces hommes.
Résumé
Dans Jean 8:1–11, les scribes et les pharisiens amènent à Jésus une femme surprise en adultère et invoquent la loi de Moïse, mais Jean révèle que leur véritable intention est d’éprouver Jésus afin de pouvoir l’accuser. Jésus répond en confrontant les accusateurs eux-mêmes : celui d’entre eux qui est sans péché doit jeter le premier la pierre contre elle. Accusés par leur conscience, ils se retirent tous. Lorsqu’il reste seul avec la femme, Jésus déclare : « Je ne te condamne pas non plus », mais ajoute immédiatement : « va, et ne pèche plus ». La scène montre que Jésus ne participe pas à une accusation utilisée injustement, mais qu’il ne redéfinit pas non plus le péché. Sa miséricorde s’accompagne d’un appel clair à abandonner ce que Dieu condamne.
Prière
Notre Père, nous te remercions parce qu’en ton Fils nous voyons la vérité, la justice et la miséricorde.
Garde-nous d’utiliser ta parole pour accuser ou détruire tout en ignorant notre propre condition.
Donne-nous l’humilité de nous examiner nous-mêmes et la justice nécessaire pour traiter les autres conformément à la vérité.
Aide-nous également à ne pas confondre ta miséricorde avec l’approbation du péché.
Lorsque Christ nous confronte, donne-nous un cœur disposé à abandonner ce qui te déplaît et à marcher d’une manière différente.
Nous te le demandons au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.
Nouvelle Édition de Genève (NEG 1979)
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