Jean 7:19–24:
Jésus confronte le jugement fondé sur les apparences
Jean 7:19–24 (NEG 1979)
Interprétation correcte de Jean 7:19–24
Après avoir affirmé que sa doctrine vient du Père (Jean 7:16–18), Jésus confronte maintenant l’incohérence de ceux qui se présentent comme les défenseurs de la Loi, tout en cherchant à le faire mourir. Dans cette section, Jésus expose l’inconséquence de leur jugement et les appelle à juger correctement.
(v. 19)
«Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi? Et nul de vous n’observe la loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir?»
Jésus confronte directement ceux qui invoquaient la loi de Moïse.
Ils se présentaient comme les défenseurs de la Loi, mais ne l’observaient pas véritablement. Cela ne signifie pas qu’ils n’obéissaient jamais à aucun de ses commandements, mais que leur conduite contredisait ce qu’ils prétendaient défendre.
La preuve la plus évidente était qu’ils cherchaient à faire mourir Jésus. Alors qu’ils l’accusaient de violer la Loi en guérissant le jour du sabbat, ils nourrissaient eux-mêmes une intention meurtrière contre lui.
Jésus montre ainsi que leur problème n’était pas un véritable zèle pour la Loi, mais une application incohérente et pervertie de celle-ci.
(v. 20)
«La foule répondit: Tu as un démon. Qui est-ce qui cherche à te faire mourir?»
La foule réagit comme si l’affirmation de Jésus était insensée.
Lui dire « Tu as un démon » revenait à l’accuser de parler sous une influence mauvaise ou d’avoir perdu la raison. La foule ne reconnaît pas qu’un projet visant à le faire mourir existe réellement.
Cela ne contredit pas ce qui avait été déclaré auparavant. Les autorités de Jérusalem cherchaient effectivement à faire mourir Jésus (Jean 5:18 ; Jean 7:1), mais de nombreuses personnes dans la foule ignoraient probablement leurs intentions ou ne comprenaient pas jusqu’où allait leur opposition contre lui.
Le verset distingue de nouveau les autorités qui agissaient contre Jésus de la population ordinaire qui ne connaissait pas pleinement ce qui se passait.
(v. 21)
«Jésus leur répondit: J’ai fait une œuvre, et vous en êtes tous étonnés.»
Jésus rappelle la guérison de l’homme malade depuis trente-huit ans (Jean 5:1–9).
Cette œuvre avait été accomplie le jour du sabbat et avait provoqué une vive controverse parce que Jésus avait ordonné à l’homme de porter son lit.
Lorsqu’il déclare : « vous en êtes tous étonnés », il ne parle pas nécessairement d’une admiration favorable. Il désigne l’étonnement, le trouble et l’indignation que cette œuvre avait provoqués.
Une seule guérison avait provoqué une réaction disproportionnée parce qu’ils jugeaient ce qui s’était produit uniquement d’après leur interprétation extérieure du sabbat.
(v. 22)
«Moïse vous a donné la circoncision – non qu’elle vienne de Moïse, car elle vient des patriarches – et vous circoncisez un homme le jour du sabbat.»
Jésus utilise une pratique qu’ils acceptaient eux-mêmes afin de démontrer l’incohérence de leur jugement.
La circoncision consistait à retirer le prépuce du garçon et constituait le signe physique de l’alliance que Dieu avait établie avec Abraham et sa descendance. Dieu avait ordonné que chaque enfant mâle soit circoncis le huitième jour après sa naissance (Genèse 17:10–12).
C’est pourquoi Jésus précise que la circoncision ne vient pas de Moïse, mais des patriarches, particulièrement d’Abraham. Plus tard, la loi de Moïse confirma qu’elle devait être pratiquée le huitième jour (Lévitique 12:3).
Lorsque le huitième jour tombait un jour de sabbat, ils circoncisaient néanmoins l’enfant. Ils comprenaient que l’accomplissement du commandement relatif à la circoncision ne constituait pas une violation du sabbat.
Jésus part donc d’une pratique qu’ils considéraient eux-mêmes comme légitime : une œuvre pouvait être accomplie le jour du sabbat lorsqu’elle réalisait le dessein de la Loi.
(v. 23)
«Si un homme reçoit la circoncision le jour du sabbat, afin que la loi de Moïse ne soit pas violée, pourquoi vous irritez-vous contre moi de ce que j’ai guéri un homme tout entier le jour du sabbat?»
Jésus expose maintenant la contradiction de leur jugement.
Ils acceptaient de pratiquer la circoncision le jour du sabbat afin de ne pas violer le commandement qui exigeait qu’elle soit accomplie le huitième jour. Pourtant, ils s’irritaient contre Jésus parce qu’il avait entièrement guéri un homme ce même jour.
Le contraste est intentionnel. La circoncision concernait une partie du corps, tandis que Jésus avait guéri « un homme tout entier », le délivrant d’une maladie qui l’avait rendu infirme pendant trente-huit ans.
S’ils reconnaissaient qu’il était juste d’accomplir le jour du sabbat une action liée à l’alliance et au bien d’une partie du corps, ils devaient à plus forte raison reconnaître comme bonne la restauration complète d’une personne.
L’œuvre de Jésus ne contredisait pas le dessein de Dieu pour le sabbat. Elle manifestait la miséricorde, la vie et la restauration, précisément ce que la Loi cherchait à préserver.
(v. 24)
«Ne jugez pas selon l’apparence, mais jugez selon la justice.»
Jésus conclut en désignant l’erreur qui avait produit toute cette controverse.
Juger « selon l’apparence » signifie évaluer uniquement ce qui est extérieur : Jésus avait accompli une œuvre le jour du sabbat ; ils en avaient donc immédiatement conclu qu’il avait violé la Loi.
Mais ils n’avaient examiné ni ce qu’il avait fait, ni pourquoi il l’avait fait, ni la manière dont son œuvre correspondait au dessein de Dieu.
« Jugez selon la justice » ne signifie pas qu’il faille justifier n’importe quelle action en invoquant de bonnes intentions. Cela signifie évaluer avec cohérence, conformément à la vérité et au dessein de Dieu, sans préjugés ni deux poids, deux mesures.
S’ils avaient jugé avec justice, ils auraient reconnu que Jésus ne méprisait pas la Loi, mais accomplissait une œuvre complète de miséricorde et de restauration.
Implications
- Défendre extérieurement la Loi ne signifie pas lui obéir : ceux qui accusaient Jésus en violaient le dessein par leur haine et leur volonté de le faire mourir.
- La circoncision montre qu’ils reconnaissaient eux-mêmes des œuvres légitimes le jour du sabbat : accomplir un commandement de Dieu n’était pas considéré comme une violation du repos.
- L’œuvre de Jésus était en harmonie avec le dessein de Dieu : guérir entièrement une personne manifestait la miséricorde et la restauration.
- Un jugement superficiel peut transformer le bien en motif d’accusation : les autorités se sont arrêtées au fait que Jésus avait agi le jour du sabbat, tout en négligeant qu’il avait restauré un homme.
- Le juste jugement exige de la cohérence : une règle ne doit pas être appliquée d’une manière pour soi-même et d’une autre manière afin de condamner les autres.
Applications
- Ne juge pas uniquement d’après les apparences : examine les faits, le contexte et la vérité avant de parvenir à une conclusion.
- N’utilise pas la parole de Dieu d’une manière incohérente : cherche à obéir à son dessein, et non seulement à défendre une interprétation extérieure.
- Évite d’appliquer des critères différents selon les personnes : le juste jugement n’est dirigé ni par les préjugés ni par les préférences.
- Reconnais la miséricorde dans l’œuvre du Christ : Jésus n’a pas utilisé le sabbat pour faire du mal, mais pour restaurer entièrement un homme.
- Laisse la vérité corriger ta manière de juger : ne maintiens pas une accusation lorsque le témoignage même de Dieu démontre qu’elle est injuste.
Résumé
Dans Jean 7:19–24, Jésus confronte l’incohérence de ceux qui invoquent la loi de Moïse tout en cherchant à le faire mourir. La foule rejette son affirmation, mais Jésus rappelle la guérison qu’il avait accomplie le jour du sabbat et montre qu’ils pratiquent eux-mêmes la circoncision ce jour-là afin d’observer la Loi. Il expose ainsi l’inconséquence de leur indignation : s’ils acceptent une intervention concernant une partie du corps le jour du sabbat, pourquoi rejettent-ils le fait qu’il ait guéri un homme tout entier ? Enfin, Jésus leur ordonne de ne pas juger selon l’apparence, mais selon la justice. Le récit montre que le problème ne réside pas dans la Loi, mais dans un jugement superficiel incapable de discerner la vérité.
Prière
Notre Père, nous te rendons grâces parce qu’en ton Fils tu as manifesté un jugement véritable et juste.
Seigneur, aide-nous à ne pas nous arrêter à ce qui est superficiel ni à juger selon les apparences, les préjugés ou les critères humains. Donne-nous le discernement nécessaire pour reconnaître ta vérité et un cœur sincère qui n’utilise pas ta parole d’une manière incohérente.
Accorde-nous de voir clairement l’œuvre du Christ, d’honorer ton dessein et de répondre avec droiture à ce que tu accomplis. Apprends-nous à vivre selon un juste jugement qui honore ta vérité.
Nous te le demandons au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.
Nouvelle Édition de Genève (NEG 1979)
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