Jean 6:60–71:
La réaction aux paroles de Jésus
Jean 6:60–71 (NEG 1979)
Interprétation correcte de Jean 6:60–71
Après avoir enseigné qu’il est le pain vivant et que manger sa chair et boire son sang signifie recevoir la vie qu’il donnera par le don de lui-même (Jean 6:51–59), Jésus fait maintenant face à la réaction de plusieurs de ses disciples. Ses paroles révèlent que la principale difficulté ne résidait pas dans une image impossible à comprendre, mais dans leur résistance à croire et à recevoir ce qu’il déclarait à son propre sujet.
(v. 60)
«Plusieurs de ses disciples, après l’avoir entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l’écouter?»
La réaction vient de « plusieurs de ses disciples ».
Il ne s’agit pas de la foule en général, mais de personnes qui le suivaient.
Ils qualifient son enseignement de « parole dure », c’est-à-dire difficile à accepter.
La question « qui peut l’écouter ? » exprime un rejet, et non seulement une difficulté à comprendre.
(v. 61)
«Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: Cela vous scandalise-t-il?»
Jésus connaît leurs murmures, bien qu’ils ne les lui aient pas directement exprimés.
Le verbe « scandaliser » indique que ses déclarations étaient devenues pour eux une pierre d’achoppement. Ils ne voulaient pas accepter que celui qu’ils connaissaient extérieurement affirme être descendu du ciel et être l’unique source de la vie éternelle.
Jésus confronte leur réaction par une question. Il les amène à reconnaître que le problème ne réside pas simplement dans la difficulté de ses paroles, mais dans la manière dont ils répondent à sa personne.
(v. 62)
«Et si vous voyez le Fils de l’homme monter où il était auparavant…?»
Jésus répond à leur scandale en désignant une réalité encore plus grande.
Ils contestaient qu’il soit descendu du ciel. Jésus leur demande alors ce qu’il en serait s’ils voyaient le Fils de l’homme monter là où il était auparavant.
Son ascension confirmerait à la fois son origine céleste et la vérité de ses déclarations. Il n’a pas commencé à exister sur la terre, mais il est descendu du lieu où il était auprès du Père (Jean 3:13).
La question révèle également que juger Jésus uniquement d’après son apparence humaine et son origine terrestre connue constituait une compréhension incomplète de son identité.
(v. 63)
«C’est l’Esprit qui vivifie; la chair ne sert à rien. Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie.»
Jésus révèle qui communique la vie dont il parle : « C’est l’Esprit qui vivifie ».
Il ne se réfère pas simplement à une idée ou à une dimension spirituelle, mais à l’Esprit de Dieu, qui agit pour donner la vie que l’être humain ne peut produire par lui-même. Ces versets réunissent le Fils, qui est descendu du ciel et remontera là où il était auparavant ; l’Esprit, qui vivifie ; et le Père, qui accorde de venir au Fils.
Jésus déclare ensuite que « la chair ne sert à rien ». Il précise ainsi que manger sa chair et boire son sang ne signifie pas consommer physiquement une partie de son corps. Un tel acte matériel ne pourrait communiquer la vie éternelle.
Manger sa chair et boire son sang signifie recevoir en croyant le Fils et le don qu’il fera de lui-même. Jésus ne parle pas de cannibalisme, mais du fait de dépendre spirituellement de lui comme de l’unique source de vie.
C’est pourquoi il ajoute : « Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie ». Ses paroles révèlent cette réalité et, lorsqu’elles sont reçues en croyant, l’Esprit communique par elles la vie qui vient de Dieu.
(v. 64)
«Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait.»
Jésus identifie le véritable problème.
Il ne s’agit pas seulement de difficulté, mais d’incrédulité.
Le texte ajoute que Jésus savait déjà qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.
Cela montre que leur réaction ne le prend pas au dépourvu.
(v. 65)
«Et il ajouta: C’est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père.»
Jésus reprend ce qu’il avait déclaré auparavant : personne ne peut venir à lui sans l’initiative et l’action du Père (Jean 6:44).
Il avait également expliqué que le Père attire par son enseignement : « quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi » (Jean 6:45). Le fait qu’il soit donné à une personne de venir au Christ comprend donc la réception du témoignage que le Père rend au sujet de son Fils.
Cela ne signifie pas que ces disciples désiraient sincèrement venir et que Dieu les en empêchait. Ils entendaient les paroles de Jésus, mais murmuraient, se scandalisaient et ne croyaient pas ; ils décidèrent ensuite de ne plus le suivre.
Le Père accorde et attire, tandis que la personne entend, apprend, vient et croit. La vie ne vient pas de la capacité indépendante de l’être humain, mais ceux qui rejettent le Fils demeurent responsables de leur réponse.
(v. 66)
«Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n’allèrent plus avec lui.»
L’incrédulité de plusieurs se manifeste finalement par une action visible.
Ils se retirent et cessent d’accompagner Jésus. Ils avaient été disciples au sens extérieur, mais ses paroles révélèrent qu’ils n’étaient pas disposés à le recevoir tel qu’il se faisait connaître.
Jésus ne modifie pas son enseignement pour les empêcher de partir. La vie se trouve dans la réception de la vérité au sujet du Fils, et non dans l’adaptation de ses paroles afin de conserver des disciples.
Le verset montre que suivre extérieurement Jésus pendant un certain temps ne signifie pas nécessairement continuer à croire en lui.
(v. 67)
«Jésus donc dit aux douze: Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller?»
Jésus adresse maintenant une question aux douze.
Il ne les force pas à rester et ne répond pas au départ des autres par une menace. Sa question leur permet d’exprimer leur propre réponse.
(v. 68)
«Simon Pierre lui répondit: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle.»
Pierre répond au nom du groupe.
Il ne présente aucune autre possibilité, mais reconnaît qu’il n’existe personne d’autre vers qui aller.
L’accent porte sur les « paroles de la vie éternelle ».
Cela se rattache directement à ce que Jésus a déclaré au verset 63.
(v. 69)
«Et nous avons cru et nous avons connu que tu es [le Christ,] le Saint de Dieu.»
Pierre explique pourquoi ils demeurent auprès de Jésus.
Ils ont cru et reconnu l’identité de Jésus. Ils ne se contentent pas d’admirer ses miracles ni de rechercher le pain qu’il multiplie ; ils le reconnaissent comme le Christ, le Saint de Dieu.
La séquence « nous avons cru et nous avons connu » exprime une conviction qui s’est développée en recevant son témoignage.
Cette confession contraste directement avec la réaction de ceux qui avaient déclaré : « Cette parole est dure » et s’étaient retirés. Les uns rejettent ses paroles ; les autres reconnaissent que la vie se trouve en lui.
(v. 70)
«Jésus leur répondit: N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze? Et l’un de vous est un démon!»
Jésus rappelle que c’est lui qui a choisi les douze, mais il introduit immédiatement un avertissement.
Appartenir au groupe choisi pour l’accompagner et participer à son ministère ne signifiait pas que chacun croyait véritablement en lui.
En appelant l’un d’eux « un démon », Jésus indique que cet homme agirait en adversaire et accomplirait une œuvre conforme aux intentions du diable.
Le choix de Judas comme l’un des douze ne doit pas être confondu avec la possession de la vie éternelle. Il avait été choisi pour occuper une place au sein du groupe, mais il demeurait sans croire et finirait par livrer Jésus.
(v. 71)
«Il parlait de Judas Iscariot, fils de Simon; car c’était lui qui devait le livrer, lui, l’un des douze.»
Jean identifie Judas comme la personne à laquelle Jésus faisait référence.
L’expression « l’un des douze » renforce l’avertissement. Judas n’était pas un adversaire extérieur, mais quelqu’un qui marchait avec Jésus et appartenait à son cercle le plus proche.
Sa proximité physique ne signifiait pourtant ni qu’il croyait ni qu’il possédait la vie. Cela confirme tout le développement de cette section : une personne peut voir Jésus, entendre ses paroles, le suivre extérieurement et même occuper une place parmi ses disciples sans recevoir véritablement la vie qu’il donne.
Implications
- L’Esprit est celui qui vivifie : la vie éternelle ne vient pas d’une action matérielle, mais de l’œuvre de l’Esprit par les paroles du Fils reçues en croyant.
- Manger la chair de Jésus ne décrit pas une consommation physique : le don de son corps est indispensable, mais il doit être reçu spirituellement en croyant en lui, et non par un acte matériel.
- Venir au Christ requiert l’action du Père : personne ne produit par lui-même la vie ni ne vient au Fils par ses propres mérites.
- L’action divine ne supprime pas la réponse humaine : le Père enseigne et accorde ; la personne entend, apprend, vient et croit, ou bien résiste et se retire.
- La proximité extérieure ne garantit pas la vie : plusieurs disciples abandonnèrent Jésus, et l’un des douze demeurait sans croire.
- Jésus possède les paroles de la vie éternelle : en dehors de lui, il n’existe personne d’autre vers qui aller pour recevoir cette vie.
Applications
- N’interprète pas les paroles de Jésus uniquement d’une manière matérielle : cherche à comprendre la réalité spirituelle vers laquelle elles conduisent.
- Reçois le don du Christ en croyant : ne te confie pas dans une action physique ou extérieure, mais en Jésus et dans la vie qu’il a donnée.
- Ne résiste pas lorsque la parole te confronte : les murmures et le scandale peuvent finalement conduire à se retirer loin du Christ.
- Demeure avec Jésus lorsque ses paroles confrontent tes attentes : reconnais, comme Pierre, que lui seul possède les paroles de la vie éternelle.
- Examine si tu le suis véritablement : être proche de Jésus, connaître son enseignement ou appartenir à une communauté ne remplace pas le fait de croire en lui.
Résumé
Dans Jean 6:60–71, plusieurs disciples considèrent l’enseignement de Jésus comme une parole dure et se retirent. Jésus montre que leur véritable problème est l’incrédulité et réaffirme que ses paroles sont Esprit et vie. Il interroge ensuite les douze, et Pierre répond en reconnaissant que Jésus possède les paroles de la vie éternelle et qu’il n’existe personne d’autre vers qui aller. Il confesse qu’ils ont cru et reconnu en lui le Christ, le Saint de Dieu. Jésus révèle cependant que l’un des douze le livrera. Le récit montre ainsi que les paroles de Jésus produisent une division : certains se retirent, tandis que d’autres demeurent auprès de lui.
Prière
Notre Père, nous te rendons grâces parce qu’en ton Fils tu nous as donné les paroles de la vie éternelle.
Seigneur, aide-nous à ne pas nous retirer lorsque ta parole nous confronte, mais à demeurer fermes dans ce que tu as révélé. Donne-nous un cœur qui écoute le Christ et lui répond correctement.
Accorde-nous de reconnaître qu’il n’existe personne d’autre vers qui aller et que la vie se trouve en ton Fils. Garde-nous de l’incrédulité afin que nous demeurions en lui.
Nous te le demandons au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.
Nouvelle Édition de Genève (NEG 1979)
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