Jean 4:15–24:
Jésus révèle la vérité sur la Samaritaine et enseigne la véritable adoration
Jean 4:15–24 (NEG 1979)
Interprétation correcte de Jean 4:15–24
Après que Jésus a offert à la femme samaritaine l’eau vive qui jaillit jusque dans la vie éternelle (Jean 4:1–14), la conversation prend une dimension plus profonde. La Samaritaine demande cette eau, mais elle pense encore en termes matériels. Jésus révèle alors la réalité de sa vie, non pour l’humilier, mais pour la conduire à la vérité. À partir de là, la conversation se tourne vers l’adoration, et Jésus révèle que la véritable adoration ne sera plus centrée sur un lieu terrestre, mais consistera à adorer le Père en esprit et en vérité.
(v. 15)
«La femme lui dit: Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici.»
La Samaritaine répond en demandant l’eau dont Jésus vient de parler.
Mais sa demande montre qu’elle ne comprend pas encore pleinement.
Elle pense à une solution qui lui éviterait d’avoir encore soif et de revenir puiser de l’eau au puits.
Jésus lui a parlé d’une source qui jaillit jusque dans la vie éternelle, mais elle continue d’interpréter ses paroles à partir de son besoin physique et quotidien.
Sa demande maintient néanmoins la conversation ouverte. Jésus continuera à la conduire vers une compréhension plus profonde.
(v. 16)
«Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et viens ici.»
Jésus donne une nouvelle direction à la conversation.
Au lieu d’expliquer immédiatement davantage l’eau vive, il lui dit d’aller appeler son mari et de revenir.
Cet ordre conduit la conversation dans le domaine personnel de la Samaritaine.
Jésus ne traite pas superficiellement le besoin spirituel. Il l’amène à faire face à la vérité de sa propre vie.
(v. 17)
«La femme répondit: Je n’ai point de mari. Jésus lui dit: Tu as eu raison de dire: Je n’ai point de mari.»
La femme répond : « Je n’ai point de mari ».
Sa réponse est vraie, mais incomplète.
Jésus reconnaît qu’elle a eu raison de le dire. Il ne l’accuse pas de mentir, mais reprend sa réponse pour la conduire à la vérité complète.
Cela montre que Jésus sait ce qui est dans l’homme, comme l’Évangile l’avait déjà affirmé auparavant (Jean 2:25).
(v. 18)
«Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.»
Jésus révèle ce que la Samaritaine n’avait pas dit.
Elle a eu cinq maris, et celui qu’elle a maintenant n’est pas son mari.
Le texte ne nous autorise pas à inventer tous les détails de son histoire ni ses motivations. Il montre cependant clairement que Jésus connaît sa vie avec précision.
Jésus ne s’approche d’elle ni dans l’ignorance ni avec des préjugés. Il connaît la vérité et la place devant elle.
La Samaritaine est dévoilée, mais elle n’est pas abandonnée. Celui qui révèle sa condition est le même qui vient de lui offrir l’eau vive.
(v. 19)
«Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète.»
La Samaritaine reconnaît que Jésus n’est pas un homme ordinaire.
En voyant qu’il connaît sa vie, elle dit : « Seigneur, je vois que tu es prophète ».
Sa compréhension de Jésus progresse.
Au commencement, elle voyait en lui un Juif qui lui demandait de l’eau. Elle l’a ensuite appelé « Seigneur ». Elle reconnaît maintenant en lui une connaissance prophétique.
Elle ne comprend pas encore pleinement qui est Jésus, mais le dialogue progresse.
(v. 20)
«Nos pères ont adoré sur cette montagne; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem.»
La Samaritaine introduit le thème de l’adoration.
Elle évoque la différence entre les Samaritains et les Juifs : leurs pères ont adoré sur cette montagne, tandis que les Juifs affirment que Jérusalem est le lieu où il faut adorer.
Ce sujet n’est pas secondaire dans la conversation. La Samaritaine vient de reconnaître Jésus comme prophète et lui soumet maintenant une importante question religieuse au cœur de la division entre Juifs et Samaritains.
Jésus répondra en corrigeant sa compréhension et en élevant le sujet vers la véritable adoration du Père.
(v. 21)
«Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.»
Jésus lui répond avec autorité : « Femme, crois-moi ».
Il annonce ensuite une heure qui vient.
L’adoration du Père ne sera plus définie par cette montagne ni par Jérusalem.
Cela ne signifie pas que l’histoire antérieure était dépourvue d’importance, mais que Jésus annonce une réalité nouvelle qui dépasse la dispute concernant le lieu.
La venue du Christ apporte un changement décisif dans la manière de s’approcher de Dieu.
(v. 22)
«Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.»
Jésus ne répond pas que toutes les positions se valent.
Il corrige clairement la femme.
Les Samaritains adoraient ce qu’ils ne connaissaient pas. Les Juifs adoraient ce qu’ils connaissaient, car le salut vient des Juifs.
Jésus reconnaît la place de la révélation donnée à Israël. Le salut promis par Dieu viendrait par le peuple juif.
Cela désigne également Jésus lui-même, puisque, selon sa venue dans le monde, il est issu des Juifs.
La véritable adoration ne repose pas sur une sincérité séparée de la vérité. Elle doit être unie à la véritable connaissance de Dieu.
(v. 23)
«Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.»
Jésus annonce que cette heure vient, puis il ajoute : « et elle est déjà venue ».
Avec sa venue, la véritable adoration est déjà en train d’être révélée.
Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité.
La véritable adoration ne se réduit ni à un lieu extérieur, ni à une tradition héritée, ni à une dispute religieuse. Elle doit correspondre à la réalité spirituelle et à la vérité révélée par Dieu.
Jésus ajoute que le Père demande de tels adorateurs.
Cela montre que la véritable adoration ne naît pas de l’invention humaine, mais répond à ce que le Père demande.
(v. 24)
«Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité.»
Jésus fonde son enseignement sur la nature même de Dieu.
Dieu est Esprit.
C’est pourquoi ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité.
Il ne s’agit pas d’une recommandation secondaire, mais d’une nécessité : « il faut ».
La véritable adoration doit correspondre à la nature de Dieu et à la vérité qu’il a révélée.
Le récit se termine en montrant que Jésus n’offre pas seulement l’eau vive, mais révèle également comment l’homme doit véritablement s’approcher du Père.
Implications
- Jésus connaît précisément la vie de l’être humain : il révèle la réalité de la Samaritaine sans qu’elle la lui ait expliquée.
- La grâce du Christ n’ignore pas la vérité : Jésus offre l’eau vive, mais révèle également la condition de la Samaritaine.
- La véritable adoration ne repose pas seulement sur la tradition : Jésus dépasse la dispute entre la montagne des Samaritains et Jérusalem.
- Toute adoration n’est pas également véritable : Jésus affirme que les Samaritains adoraient ce qu’ils ne connaissaient pas.
- Le salut vient des Juifs : Dieu a accompli ses promesses par le peuple auquel le Christ appartenait selon la chair.
- La venue de Jésus inaugure une heure nouvelle pour l’adoration : « l’heure vient, et elle est déjà venue ».
- Le Père demande de vrais adorateurs : la véritable adoration répond à la volonté de Dieu, et non à l’invention humaine.
- Dieu est Esprit : c’est pourquoi il doit être adoré en esprit et en vérité.
Applications
- Laisse Jésus traiter la vérité de ta vie : il ne révèle pas le péché pour détruire, mais pour conduire à la vie.
- Ne cache pas ta condition devant le Christ : il connaît déjà la vérité et t’offre néanmoins l’eau vive.
- Ne remplace pas la vérité spirituelle par des débats religieux : la Samaritaine a parlé du lieu de l’adoration, mais Jésus l’a conduite au cœur de la véritable adoration.
- Adore Dieu conformément à la vérité révélée : la sincérité ne suffit pas lorsqu’elle est séparée de la vérité.
- Ne réduis pas l’adoration à un lieu ou à une forme extérieure : Jésus enseigne que les vrais adorateurs adorent le Père en esprit et en vérité.
- Cherche à devenir le type d’adorateur que le Père demande : une personne qui adore du fond du cœur et conformément à la vérité.
- Souviens-toi de qui est Dieu lorsque tu l’adores : Dieu est Esprit, et l’adoration doit correspondre à sa nature.
Résumé
Dans Jean 4:15–24, la femme samaritaine demande à Jésus l’eau vive, bien qu’elle pense encore en termes matériels. Jésus conduit alors la conversation vers la vérité de sa vie en lui demandant d’appeler son mari. Lorsqu’elle répond qu’elle n’a point de mari, Jésus révèle qu’elle a eu cinq maris et que celui qu’elle a maintenant n’est pas son mari. La femme reconnaît que Jésus est prophète et soulève la question de l’adoration chez les Samaritains et les Juifs. Jésus lui enseigne que l’heure vient, et qu’elle est déjà venue, où l’adoration ne sera centrée ni sur cette montagne ni sur Jérusalem. Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car le Père demande de tels adorateurs. Puisque Dieu est Esprit, ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité.
Prière
Notre Père, nous te rendons grâces parce que ton Fils nous conduit à la vérité et nous révèle l’adoration que tu demandes.
Seigneur, aide-nous à ne pas nous cacher devant le Christ. Donne-nous l’humilité nécessaire pour le laisser traiter la vérité de notre vie et nous conduire à recevoir l’eau vive que lui seul peut donner.
Délivre-nous d’une adoration seulement extérieure, traditionnelle ou vide. Enseigne-nous à t’adorer en esprit et en vérité, conformément à ce que tu as révélé et à ce que tu es.
Fais de nous de vrais adorateurs, de ceux que le Père demande.
Nous te le demandons au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.
Nouvelle Édition de Genève (NEG 1979)
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