Jean 10:1–6:
Le berger, les brebis et les étrangers
Jean 10:1–6 (NEG 1979)
Interprétation correcte de Jean 10:1–6
Jean 10 poursuit directement l’affrontement du chapitre précédent. Jésus vient d’affronter les pharisiens qui affirmaient voir, mais qui avaient rejeté l’homme dont la vue avait été rétablie (Jean 9:39–41). Il emploie maintenant l’image d’une bergerie, d’un berger et de ses brebis pour montrer le contraste entre celui qui entretient une relation légitime avec les brebis et ceux qui les approchent d’une autre manière. Les brebis reconnaissent la voix de leur berger et le suivent, tandis qu’elles refusent de suivre les étrangers. Cependant, ses auditeurs ne comprennent pas encore ce que Jésus leur dit.
(v. 1)
«En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand.»
Jésus commence par une affirmation solennelle et présente immédiatement un contraste.
Celui qui entretient une relation légitime avec le troupeau entre par l’entrée prévue à cet effet. Celui qui évite la porte et entre par ailleurs montre par sa propre conduite qu’il ne s’approche pas légitimement des brebis, mais comme « un voleur et un brigand ».
Dans le contexte immédiat, ces paroles doivent être entendues à la lumière de la conduite des dirigeants religieux dans Jean 9 : ils ont interrogé à plusieurs reprises l’homme qui avait recouvré la vue et ont fini par le chasser.
De plus, cette image rappelle les dénonciations des mauvais bergers d’Israël, particulièrement dans Ézéchiel 34, où Dieu accuse ceux qui auraient dû prendre soin du troupeau, mais qui agissaient dans leur propre intérêt.
(v. 2)
«Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis.»
À l’inverse du voleur et du brigand, le berger entre légitimement dans la bergerie.
L’image établit ainsi deux manières entièrement différentes d’approcher le troupeau : l’une correspond au véritable berger ; l’autre appartient à ceux qui entrent pour profiter des brebis.
(v. 3)
«Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors.»
Le véritable berger est reconnu comme tel, et ses propres brebis entendent sa voix.
Jésus souligne alors la relation qui existe entre le berger et elles : il les connaît, les appelle et les conduit.
L’expression « par leur nom » montre la connaissance particulière que le berger a de ses brebis. Il ne s’agit pas pour lui d’un troupeau anonyme.
L’accent principal commence cependant à se porter sur la voix du berger : les brebis répondent parce qu’elles reconnaissent celui qui les conduit véritablement.
(v. 4)
«Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix.»
Le berger conduit ses brebis et marche devant elles.
Elles le suivent pour une raison précise :
« elles connaissent sa voix ».
L’image ne présente pas les brebis suivant indistinctement quiconque s’approche du troupeau. Il existe une reconnaissance entre elles et leur véritable berger.
Cet élément prendra une importance particulière lorsque Jésus expliquera la figure : la réponse des brebis montrera qui reconnaît réellement sa voix.
(v. 5)
«Elles ne suivront point un étranger; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers.»
Le contraste se poursuit.
Les brebis qui connaissent la voix de leur berger ne réagissent pas de la même manière devant les étrangers. Au lieu de les suivre, elles fuient loin d’eux parce qu’elles ne connaissent pas leur voix.
Ainsi, la figure oppose le berger légitime à ceux qui sont étrangers au troupeau.
Dans le contexte de Jean 9, cela est particulièrement significatif. Les dirigeants avaient chassé l’homme qui avait recouvré la vue, mais leur autorité religieuse ne signifie pas automatiquement qu’ils soient de véritables bergers des brebis.
(v. 6)
«Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait.»
Jean précise que ceux qui écoutent Jésus ne comprennent pas le sens de cette parabole.
Cela est important, car cette incompréhension explique pourquoi Jésus continuera à parler dans les versets suivants et commencera à interpréter plus directement les principaux éléments.
Nous ne devons donc pas non plus aller trop loin à ce stade. Ces premiers versets présentent la figure ; l’explication de Jésus commence immédiatement après.
Implications
- Tous ceux qui s’approchent du troupeau ne le font pas légitimement : Jésus distingue le véritable berger de ceux qui s’approchent comme des voleurs ou des étrangers.
- Le véritable berger entretient une relation reconnaissable avec ses brebis : elles entendent sa voix, sont appelées par lui et le suivent.
- Les brebis ne répondent pas de la même manière à n’importe quelle voix : elles reconnaissent le berger et refusent de suivre l’étranger.
- L’autorité religieuse à elle seule ne prouve pas un véritable soin du troupeau : le contexte de Jean 9 montre des dirigeants qui ont chassé l’homme dont Jésus avait rétabli la vue.
- Jésus n’a pas encore terminé d’expliquer la figure : l’incompréhension de ses auditeurs prépare l’interprétation qu’il donnera ensuite.
Applications
- Écoute attentivement les paroles de Jésus : ses auditeurs n’ont pas compris la figure et ont eu besoin qu’il poursuive son explication.
- Ne confonds pas position religieuse et véritable autorité spirituelle : le contexte montre que ceux qui occupaient une position reconnue pouvaient maltraiter les brebis.
- Examine ceux qui prétendent conduire le peuple de Dieu en fonction de leur rapport à la vérité de Christ : la figure distingue le berger légitime de ceux qui s’approchent du troupeau de manière illégitime.
- Ne suis pas n’importe quelle voix simplement parce qu’elle revendique une autorité : les brebis de la figure distinguent leur berger des étrangers.
Résumé
Dans Jean 10:1–6, immédiatement après l’affrontement avec les pharisiens dans Jean 9, Jésus présente l’image d’une bergerie et de ses brebis. Le voleur et le brigand tentent d’entrer de manière illégitime, tandis que le véritable berger entre par la porte, appelle ses propres brebis et les conduit. Les brebis connaissent sa voix et le suivent, mais refusent de suivre les étrangers parce qu’elles ne connaissent pas leur voix. Cette image rappelle le contraste biblique entre les véritables et les mauvais bergers d’Israël et prend une signification particulière après la manière dont les dirigeants ont traité l’homme que Jésus avait guéri. Cependant, ses auditeurs ne comprennent pas encore ce que signifie cette parabole, et Jésus commencera donc à l’expliquer plus directement dans les versets suivants.
Prière
Notre Père, nous te remercions parce que ta parole nous apprend à distinguer ceux qui prennent véritablement soin de ton peuple de ceux qui s’en approchent de manière illégitime.
Donne-nous du discernement pour écouter la vérité et ne pas nous laisser conduire simplement par ceux qui revendiquent une autorité.
Aide-nous à prêter attention aux paroles de Jésus-Christ et à comprendre toujours mieux ce qu’il révèle.
Conduis ton peuple selon ta vérité et garde-le de ceux qui cherchent à profiter de lui au lieu d’en prendre soin.
Nous te le demandons au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.
Nouvelle Édition de Genève (NEG 1979)
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