Jean 1:1–5:
La Parole au commencement et la Lumière qui brille
Jean 1:1–5 (NEG 1979)
Interprétation correcte de Jean 1:1–5
L’Évangile de Jean commence en présentant directement l’identité de Jésus. Avant de raconter sa naissance ou son ministère, l’évangéliste nous conduit « au commencement » pour nous parler de la Parole et de sa relation avec Dieu.
Ces premiers versets forment le début de l’introduction de l’Évangile (Jean 1:1–18), où sont présentés des thèmes qui apparaîtront tout au long du livre, comme la vie, la lumière et le contraste avec les ténèbres.
(v. 1a)
« Au commencement était la Parole, »
L’expression « Au commencement » nous renvoie au début de toutes choses. Lorsque tout ce qui a été créé a commencé, la Parole était déjà (Genèse 1:1).
Jean ne décrit pas l’origine de la Parole et n’indique aucun commencement pour elle. Il la présente simplement comme existant quand tout le reste a commencé.
L’accent du verset n’est pas mis sur l’explication de la manière dont la Parole existe, mais sur l’affirmation que, au moment où tout a eu un commencement, elle était déjà.
Plus loin, Jean identifiera cette Parole à Jésus-Christ (Jean 1:14). Ainsi, dès le premier verset, l’évangéliste établit que Jésus n’apparaît pas dans l’histoire comme un être qui commence à exister, mais comme celui qui était déjà avant le déroulement de la création racontée dans la Genèse.
Le terme « Parole » sera développé progressivement dans l’introduction (Jean 1:1–18). Pour l’instant, Jean introduit cette figure sans longue explication, laissant le lecteur avancer dans le récit pour comprendre pleinement qui elle est.
(v. 1b)
« et la Parole était avec Dieu, »
L’expression « était avec Dieu » introduit une distinction dans ce que Jean affirme.
La Parole n’est pas présentée comme une force impersonnelle ni comme une simple expression, mais comme quelqu’un qui est « avec » Dieu. La phrase indique coexistence et relation avec Dieu.
Jean n’explique pas encore la nature complète de cette relation, mais il rend clair que la Parole existe en relation avec Dieu. Il y a une distinction, même si l’Évangile ne développe pas encore pleinement comment cela doit être compris.
L’accent immédiat est que, au commencement, la Parole était déjà et était avec Dieu.
Le verset suivant complétera cette affirmation.
(v. 1c)
« et la Parole était Dieu. »
Après avoir affirmé que la Parole était avec Dieu, Jean ajoute une déclaration directe : la Parole était Dieu.
Il ne dit pas que la Parole était semblable à Dieu, ni qu’elle représentait simplement Dieu. L’affirmation est claire : la Parole est appelée Dieu.
Dans le texte grec, l’expression apparaît comme theos ēn ho logos [θεὸς ἦν ὁ λόγος]. L’affirmation ne présente pas la Parole comme « un dieu », mais déclare que la Parole est véritablement Dieu.
Le verset maintient en même temps la distinction (« était avec Dieu ») et l’identité (« était Dieu »). Jean ne résout pas cette réalité et ne l’explique pas philosophiquement ; il la présente simplement comme faisant partie de la révélation.
Ainsi, dès le premier verset, l’évangéliste établit que celui qu’il identifiera ensuite comme Jésus-Christ (Jean 1:14) est Dieu.
Le reste de l’évangile montrera progressivement tout ce que cela implique.
(v. 2)
« Elle était au commencement avec Dieu. »
Après la triple affirmation du verset précédent, Jean ajoute cette déclaration qui résume et réaffirme ce qui a déjà été dit.
Le pronom « Elle » renvoie à la Parole mentionnée au verset 1. Il ne s’agit pas d’une idée nouvelle, mais d’une consolidation de l’affirmation précédente : celle qui était au commencement et qui était Dieu était aussi celle qui était au commencement avec Dieu.
De cette manière, l’évangéliste réaffirme la relation qu’il avait déjà signalée dans le verset précédent, préparant la déclaration qui suivra au sujet de la participation de la Parole à la création.
(v. 3a)
« Toutes choses ont été faites par elle ; »
Après avoir affirmé l’existence de la Parole au commencement et sa relation avec Dieu, Jean déclare maintenant sa relation avec la création.
L’expression « Toutes choses ont été faites par elle » indique que tout ce qui est venu à l’existence a été fait par le moyen de la Parole. Le texte grec utilise l’expression "panta di’ autou egeneto" [πάντα δι’ αὐτοῦ ἐγένετο], qui indique médiation, montrant que la création est venue à l’existence par elle, c’est-à-dire par l’action de la Parole.
Le texte ne décrit pas le processus ni n’explique comment la création a eu lieu ; il établit simplement que tout ce qui est venu à l’existence a été fait par le moyen de la Parole.
Ainsi, la Parole n’est pas présentée comme faisant partie de ce qui a été créé, mais comme celle par qui tout ce qui a été créé est venu à l’existence.
Le verset continue avec une déclaration qui renforcera cette affirmation en éliminant toute exception possible.
(v. 3b)
« et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. »
Après avoir affirmé que toutes choses ont été faites par elle, Jean ajoute une précision qui renforce et délimite son affirmation précédente.
Jean n’affirme pas seulement que tout a été fait par le moyen de la Parole, mais il l’exprime maintenant de manière négative afin d’éliminer toute exception possible.
Ainsi, il déclare que rien de ce qui a été fait n’est venu à l’existence sans elle.
L’expression « ce qui a été fait » englobe tout ce qui appartient au domaine de la création. En le formulant de manière négative, Jean montre clairement que tout ce qui existe dans la création dépend de l’action de la Parole.
Le verset, par conséquent, n’affirme pas seulement sa participation à la création, mais la distingue aussi clairement de tout ce qui a été fait.
(v. 4a)
« En elle était la vie, »
Après avoir affirmé la relation de la Parole avec la création, Jean décrit maintenant quelque chose qui est en elle : la vie.
Il ne dit pas que la vie lui a été donnée ni qu’elle l’a reçue. Il affirme que la vie était en elle. La vie est présentée comme une réalité qui réside dans la Parole elle-même.
Dans le contexte immédiat, cette affirmation continue de la distinguer de tout ce qui a été créé. Tout ce qui a été fait est venu à l’existence par elle ; maintenant, il est déclaré que la vie réside en elle.
Jean ne définit pas encore pleinement ce qu’implique cette « vie », mais il la relie immédiatement à l’humanité dans la phrase suivante du verset.
(v. 4b)
« et la vie était la lumière des hommes. »
La vie qui est dans la Parole n’est pas présentée comme une réalité isolée, mais comme « la lumière des hommes ».
Jean établit une relation directe entre la vie et l’humanité. La vie qui réside dans la Parole est présentée comme lumière pour les hommes.
Le texte ne définit pas encore pleinement ce qu’implique cette lumière, mais il introduit un contraste qui sera développé immédiatement dans le verset suivant. La lumière est présentée comme quelque chose qui éclaire, et sa relation avec les hommes indique que la vie de la Parole a un impact et une signification pour l’humanité.
Ainsi, l’introduction commence à déplacer l’attention de l’éternité et de la création vers la condition humaine.
(v. 5a)
« La lumière luit dans les ténèbres, »
Après avoir affirmé que la vie était la lumière des hommes, Jean ajoute maintenant une scène de contraste : la lumière luit dans les ténèbres.
Le terme « luit » est au présent, ce qui exprime une action continue. La lumière n’est pas seulement apparue ; elle luit.
Les ténèbres apparaissent ici sans explication supplémentaire. Jean ne définit pas encore ce qu’elles représentent, mais il les place comme l’environnement dans lequel la lumière se manifeste.
L’image est claire : la lumière ne reste pas à l’écart, mais elle luit précisément au milieu des ténèbres.
Le verset continuera à développer la relation entre ces deux réalités.
(v. 5b)
« et les ténèbres ne l’ont point reçue »
L’expression grecque ou katélaben [οὐ κατέλαβεν] peut être traduite par « ne l’ont point reçue », mais elle peut aussi signifier « ne l’ont pas saisie », « ne l’ont pas comprise » ou « ne l’ont pas surmontée ». Le terme permet plusieurs nuances.
Jean ne précise pas lequel de ces sens doit être préféré, et il est possible que cette ambiguïté soit intentionnelle. Les ténèbres n’ont pas réussi à dominer la lumière ni à la neutraliser.
Le contraste est ainsi établi : la lumière luit, et les ténèbres ne peuvent pas l’annuler.
Par cette déclaration, l’introduction conclut sa première section en montrant que, dès le commencement, la manifestation de la lumière se produit dans un environnement de ténèbres, sans être dominée par elles.
Implications théologiques
La Parole existait lorsque tout a commencé : Jean présente la Parole comme déjà présente au commencement, sans mentionner aucune origine pour elle.
La Parole était avec Dieu et elle est appelée Dieu : le texte affirme simultanément distinction et unité sans expliquer comment elles doivent être comprises.
Tout ce qui est venu à l’existence a été fait par le moyen d’elle : rien de ce qui a été créé n’est venu à l’existence sans elle.
La vie réside en elle : la vie n’est pas quelque chose d’extérieur à la Parole, mais elle est en elle et se rapporte à l’humanité comme lumière.
La lumière luit au milieu des ténèbres et n’est pas dominée par elles : dès le début de l’évangile, un contraste est établi entre lumière et ténèbres, où la lumière n’est pas vaincue.
Applications spirituelles
Reconnais qui est la Parole : l’évangile commence en la présentant comme celle qui était au commencement, qui était avec Dieu et qui est appelée Dieu. Notre réponse naturelle est la révérence et la confiance.
Dépends de la vie qui est en elle : si la vie réside dans la Parole, alors en dehors d’elle ne se trouve pas cette vie qui éclaire les hommes.
Demeure dans la lumière : le contraste entre lumière et ténèbres invite à ne pas demeurer dans ce qui s’oppose à la lumière qui brille.
Aie confiance que la lumière n’est pas dominée par les ténèbres : le texte affirme que les ténèbres n’ont pas réussi à la vaincre. La lumière de la Parole n’est ni fragile ni passagère.
Résumé
Jean 1:1–5 présente la Parole comme existant au commencement, en relation avec Dieu et appelée Dieu. Il affirme que toutes choses sont venues à l’existence par le moyen d’elle, et que rien de ce qui a été créé n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et cette vie est décrite comme la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne sont pas parvenues à la dominer. Dès le début de l’évangile, Jean établit qui est la Parole et place devant le lecteur le contraste entre lumière et ténèbres, préparant ainsi le développement qui suivra dans le reste du récit.
Prière finale
Notre Père, nous te rendons grâces parce que, dès le commencement, tu nous as montré dans les Écritures qui est la Parole : celui qui était avec toi et qui est Dieu. Merci parce que toutes choses ont été faites par le moyen de lui, et parce qu’en lui est la vie.
Nous reconnaissons que cette vie est la lumière des hommes. Nous te demandons de nous permettre de considérer avec révérence cette vérité et de ne pas demeurer indifférents devant la lumière qui brille au milieu des ténèbres.
Seigneur, aide-nous à nous approcher de la lumière et à mettre notre confiance en celui en qui réside la vie. Merci parce que les ténèbres ne l’ont pas dominée. Que nous puissions vivre conscients de cette réalité et y répondre avec obéissance et gratitude.
Nous te le demandons au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.
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